ITW Thomas TEOFILI – TOP 8 sur le Grand Prix à Albi et entraîneur du Triathlon Toulouse Métropole
Salut Thomas, tout d’abord, pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter ?
Bonjour à toutes et tous, je m’appelle Thomas, j’ai 26 ans, j’ai fais mon premier triathlon à 7 ans, première licence à 9 ans au Sud Triathlon Performance (ancien nom du TTM). J’ai obtenu mon DEJEPS Triathlon en 2020 et j’ai commencé à travailler en tant qu’entraîneur en 2021.
Tu as couru dimanche sur le Grand Prix de 1ère division à Albi, mais tu es aussi présent sur d’autres formats. Raconte-nous un peu ton évolution, ton expérience en D1, ton expérience sur le LD, ton calendrier. Quelles sont les spécificités de chaque distance ?
Depuis 2 ou 3 ans, je m’essaie à des distances plus longues (Half / L). Ce sont des formats qui me correspondent bien car je suis plutôt bon rouleur et nageur moyen. Cependant, chez les professionnels sur Half, la tendance s’inversait : jusqu’à cette année, je sortais souvent proche de la tête de course en natation, mais j’étais incapable de suivre les gars avec qui je sortais de l’eau plus de 40 à 50 km. Après, j’explosais souvent en vol 🤣
Cet hiver, j’ai axé une grosse partie de mon travail sur le home-trainer afin de gagner en endurance musculaire, pour démarrer la saison sur deux Half avant de commencer les D1. Ce qui a plutôt bien fonctionné : je termine 16e sur le 70.3 de Valence et 7e sur le Half du Challenge Salou. Avec mon entraîneur, Thibaut Ledanois, nous sommes convaincus que les deux préparations (LD et CD) ne sont pas incompatibles, bien au contraire !
Tu te classes donc à une très belle 8e place dimanche, ton meilleur résultat en D1 aujourd’hui ! Félicitations à toi et à l’équipe. Raconte-nous ta course.
Un grand merci. Oui, je réalise un rêve d’enfant : pouvoir jouer les premiers rôles sur une D1. Je ne pensais pas que cela pourrait arriver un jour.
Une course particulière, car l’an dernier nous avions déjà bien performé avec une 3ème place par équipe, portés par le public toulousain venu en grand nombre. Nous avions à cœur de faire au moins aussi bien, pour nous, mais aussi pour tous les adhérents du club qui étaient venus nous encourager.
Sur le papier, nous avions une équipe moins forte que l’an dernier, mais déjà à Metz, Nathan, notre calculateur de classement, avait estimé que si Arthur n’avait pas eu de problème à vélo, nous aurions pu être très proches du podium. Et là, nous savions que le parcours pouvait bien nous convenir.
La course commence de la meilleure des façons. J’arrive à plonger le plus rapidement de l’équipe dans l’eau, je m’extrais très vite et Chris ainsi que Nathan étaient autour de moi pour m’emmener le plus loin possible avec eux (j’avais vraiment raté ma natation à Metz, donc nous avions travaillé la stratégie). Me voilà donc en train de surfer entre ces deux jet-skis. Arrivé à la bouée, une belle bataille pour rester à sa place, quelques mouvements de brasse pour éviter la noyade, et hop, on part vers la sortie à l’australienne. Je regarde devant et je vois les premiers nageurs, une vision assez rare pour moi en D1. Alors il faut continuer comme ça ! Je sors 28ème, meilleure natation à ce jour, à une bonne vingtaine de secondes de la tête. J’entame une belle remontée dans la longue bosse de la T1 et on m’annonce 19ème à l’entrée du pack.
À vélo, j’ai l’habitude de faire de très gros départs car souvent je suis assez loin à la sortie de l’eau et cela me permet de remonter beaucoup de places.
Je reviens donc sur le groupe qui était dans la cassure. Le groupe se forme et nous revenons assez rapidement sur le groupe de tête, au pied de la première bosse. Pendant le reste du vélo, nous attendons que l’écart grandisse, jusqu’à dépasser la minute. Je suis confiant pour ma course à pied : je devrais réussir à faire un top 15 et nous sommes quatre de l’équipe dans ce groupe 😍
Je me suis régalé durant toute la partie cycliste, mais mon objectif est de poser le vélo en premier, car je sais que cela me permettra de gagner de précieuses secondes sur mes concurrents et certainement quelques places à l’arrivée. Je descends du vélo 2ème ou 3ème, j’arrive à faire une transition express et je pars en tête. Il ne reste plus qu’à gérer au mieux la course à pied pour perdre le moins de places possible. Je me fais très vite doubler. Je n’essaie pas de suivre, ils passent bien trop vite. Puis un groupe de quatre se forme : deux Pisciacais et deux Toulousains (Nathan et moi). Nous jouons le top 5. Je m’accroche le plus longtemps possible puis, dans le dernier kilomètre, je finis par céder. Je me retrouve 8ème, puis 9ème sur la ligne après avoir été doublé par Dorian Coninx. Je termine en tapant dans les mains du public, dans une joie immense ! Finalement, Igor Dupuis sera disqualifié et je serai reclassé 8ème.
Une course qui restera gravée dans ma mémoire, par le résultat mais aussi grâce à l’ambiance. Nous étions portés par le public. Je suis heureux d’avoir offert un moment comme celui-ci à mes amis et à ma famille qui sont venus me voir 🥰
Comment t’es-tu préparé pour cette étape ? La chaleur était un élément important à prendre en compte. As-tu mis en place des entraînements spécifiques ?
Effectivement, il a fait très chaud. Je n’ai malheureusement pas pu vraiment me préparer à cela. Cet hiver, avec mon entraîneur, nous avons effectué de gros cycles sur home-trainer pour préparer la chaleur (home-trainer en tenue longue + k-way), un vrai plaisir 🙃
Mais ce sont des séances très coûteuses en énergie et j’ai beaucoup enchaîné les courses depuis fin avril, donc nous avons dû arrêter ce protocole. Par la suite, il a fait très chaud à Toulouse et je continuais mes séances en extérieur aux heures les plus chaudes. Cependant, après Metz, une vague de froid est revenue sur Toulouse et le corps se déshabitue très vite. J’ai donc simplement croisé les doigts pour que cela passe ! Dans les heures précédant la course, j’ai également testé un gilet rafraîchissant pour me garder « frais » avant le départ.
Un très beau classement individuel mais aussi collectif. Raconte-nous quelques anecdotes sur vos équipes hommes et femmes, présentes depuis maintenant plusieurs années sur ce Grand Prix de 1ère division.
Oui, tout à fait. Nos deux équipes réalisent depuis plusieurs années des classements très solides, grâce aux gros progrès accomplis par chacun.
Mais n’oublions pas d’où nous venons. J’ai commencé la D1 en 2017, l’équipe venait de monter en première division et j’étais junior 1. C’était une équipe quasiment 100 % toulousaine. Pendant trois ou quatre ans, nous étions derniers et nous aurions dû redescendre, mais des équipes arrêtaient et nous étions repêchés à chaque fois ! Ensuite, nous avons gagné en maturité et réussi à nous maintenir. Jusqu’à cette année où nous jouons peut-être le podium du championnat 🧐
Des anecdotes, il y en a tous les week-ends. L’équipe hommes et l’équipe femmes s’entendent très bien. Nous avons tous plus ou moins le même âge et avons grandi ensemble. Une grande partie des équipes s’entraîne ensemble à Toulouse et nous voyons régulièrement les autres, avec qui nous sommes très proches. Avec certains, nous avons même effectué nos années jeunes ensemble. Une vraie famille !
Il n’y a pas de rivalité entre les deux équipes, sauf l’an dernier où les filles sont restées premières du classement par équipes jusqu’au dernier tour de course à pied à La Baule. Là, nous croisions les doigts pour qu’elles n’y arrivent pas, sinon elles auraient eu un trop gros avantage sur nous pour nous chambrer 😰🫶🏼
Quelle est la suite de ton calendrier ? La 3ème étape à Vichy pour essayer de conserver votre 2ème place par équipe au général et, pourquoi pas, réaliser un nouveau top 8 ?
Effectivement, Vichy est la prochaine étape et ma prochaine course. Avant cela, je serai dans l’organisation du Triathlon de Revel le week-end qui arrive. Venez nombreux et nombreuses ! L’objectif est effectivement de rester sur le podium lors des deux prochaines étapes, même si avant ce week-end le véritable objectif était le top 5. Mais nous sommes des compétiteurs : il faudra venir la chercher, nous ne donnerons pas notre place !
Concernant le top 8, je reste très lucide. J’ai réalisé une course exceptionnelle ce week-end, où j’ai réussi à utiliser toutes les cartes que j’avais en main pour obtenir le meilleur résultat possible, sans pépin ni accroc. La dernière fois que j’avais réalisé un top 15, c’était en 2023 avec une 14e place à Fréjus, lors de ce que j’appelle un « jour de grâce » similaire. Mais depuis, j’ai beaucoup progressé. Je flirte désormais très souvent avec le top 20-25 et si je suis régulier cette année autour de la 25ème place, je serai déjà très satisfait. Mais si l’occasion se présente, je ne laisserai pas passer ma chance !
On t’a vu la veille encourager tes jeunes de l’école de triathlon sur leurs courses et, juste après la tienne, les rejoindre pour continuer à partager ce week-end de triathlon. Raconte-nous, en tant qu’entraîneur d’une école de triathlon labellisée 3***, tes missions auprès d’eux, ton groupe, les valeurs que tu transmets, etc.
Je passe 90 % de mon temps de travail avec ces jeunes-là et le triathlon reste avant tout ma passion. S’ils passent sur une course au pied de l’hôtel dans lequel je suis, bien sûr que je vais aller les voir ! Et eux, le lendemain, étaient également là pour m’encourager. Sans eux, la course aurait été très différente.
Je pense que ce sont des moments qui soudent un collectif et qui aident chacun à donner le meilleur de lui-même au moment venu.
Au club, que ce soit chez les jeunes ou dans les autres groupes, les valeurs qui nous sont les plus chères sont : la passion et le plaisir de pratiquer ; la bienveillance, l’esprit collectif et le respect des personnes comme des règles ; le travail et la rigueur, car le triathlon est un sport exigeant qui demande beaucoup d’investissement. Il n’y a qu’à voir la photo du podium avec l’ensemble des supporters toulousains et toulousaines : elle témoigne parfaitement de l’ambiance et de l’énergie du groupe.
Merci Thomas pour tout ce partage et cette interview et encore félicitations à toi et toute l’équipe ; on vous souhaite le meilleur pour la suite de la saison et on vous suivra de près !


Crédits photo : Eloïse Bureau



