InterviewMixité

Le TOP Triathlon récompensé pour son investissement auprès du public féminin

Le Tarbes Omnisports Pyrénées Triathlon s’est vu récompensé dernièrement d’une distinction aux Sommets du Sport des Hautes Pyrénées pour leur engagement en faveur du public féminin. Une récompense à juste titre pour cette structure qui accueille près de 37% de féminines. Une donnée bien largement au dessus de la moyenne nationale.

Nous sommes revenus sur cet engagement avec Muriel MIGEON, Présidente du club, lors d’une interview.

Peux tu nous présenter le club du TOP Triathlon en quelques mots ?

Muriel MIGEON : Anciennement Tarbes Triathlon, le club fondé en 1988 est devenu TOP Triathlon en 2024. Notre association a pour ambition d’être un lieu de pratique du triathlon ouvert, où chacun, quels que soient son parcours et ses objectifs, peut trouver sa place.

En restant fidèles à notre identité et attentifs aux évolutions de notre sport et du monde associatif, nous engageons notre club dans une dynamique portée par trois priorités: renforcer l’accueil et l’accompagnement des paratriathlètes, développer la pratique féminine pour plus de mixité, et proposer des événements de formation et de compétition originaux et accessibles.

Vous aviez 37% de féminines au TOP Triathlon l’an dernier, un nombre largement au dessus de la moyenne nationale. Quelles actions mettez vous en place pour développer la pratique chez les femmes ?

M.M : Il est difficile d’identifier précisément tous les leviers qui conduisent à l’engagement dans un club. Notre orientation est néanmoins claire : offrir aux femmes la même diversité de parcours qu’aux hommes, de la découverte à la performance, en passant par une pratique loisir axée sur la santé et le dépassement de soi.

Cette démarche s’inscrit dans un cadre commun, à la fois bienveillant et exigeant. La diversité des profils de pratiquantes favorise l’identification et constitue un moteur important pour le développement du club.

Aujourd’hui, le plus important du travail consiste à intégrer dans notre encadrement les connaissances spécifiques à la pratique féminine. Pour nous, accueillir davantage signifie surtout accueillir mieux, avec une vision plus juste et concrète de la jeune fille et de la femme à tous les âges.

Quel est le profil sportif des féminines présentes au club ?

M.M : Le club s’appuie sur un noyau solide d’adultes engagées dans des pratiques variées, allant du sport santé à la compétition, y compris sur longues distances.

Notre école de triathlon joue également un rôle essentiel : au fil des années, elle a permis d’accompagner de jeunes triathlètes filles, aussi bien vers la performance — avec aujourd’hui de très bons résultats aux niveaux régional et national — que vers la découverte du triathlon, parfois dans un cadre familial. Ces profils variés sont une vraie richesse : aucun n’est mis en avant ou considéré comme plus important qu’un autre, chacun contribue pleinement à la vie du club.

Et aujourd’hui, chez les moins de 13 ans, les filles sont majoritaires, un signal très encourageant pour l’avenir et pour plus de diversité. Il faudra juste veiller à ce que ces jeunes adhérentes amènent aussi au club leurs frères et leurs copains !

Proposez vous des séances spécifiques au public féminin au sein du TOP Triathlon ? 

M.M : Nous avons toujours privilégié des créneaux mixtes, convaincus que l’entraînement partagé favorise la progression, la cohésion et l’esprit club. Cette organisation permet aussi à certains de nos adhérents de pratiquer en famille et de partager des moments sportifs entre générations, ce qui fait pleinement partie de l’identité du club.

Nous constatons toutefois que le manque de confiance peut amener certaines femmes à rejoindre des groupes débutants, et non uniquement par manque de niveau. Ces groupes deviennent alors majoritairement féminins, ce qui peut être rassurant dans un premier temps. Mais l’objectif est que cette étape soit, si possible transitoire.

Quels sont d’après toi les principales qualités qu’un encadrants doit avoir pour intervenir auprès d’un public féminin ?

M.M : Pour un public masculin ou féminin, le principe est le même: connaitre le plus précisément ses pratiquants, dans toutes ses dimensions physiologiques, biomécaniques, psychologiques, cognitives etc.. Donc être un encadrant pertinent pour les femmes, c’est d’abord chercher à connaitre leurs spécificités de femmes dans toutes ces dimensions. Travail immense, qui ne se base que sur des panels d’études aujourd’hui encore trop rares, mais qui permettra probablement des avancées spectaculaires, pas seulement en terme de performance pure, mais aussi en terme de confort et de plaisir.

C’est par l’intention de s’adapter à ce public féminin et par la connaissance de celui ci que nous aurons des encadrants de qualité.

Et les femmes et le sport, quelque soit le registre de pratique et y gagneront.

Et pour conclure, c’est en soutenant le sport féminin que nous avancerons vers notre objectif ultime : un triathlon vraiment mixte, ouvert et équitable pour toutes et tous.

Le TOP Triathlon vous invites à les rencontrer lors du Triathlon des Coteaux à Coussan (65) le 10 mai prochain et le 11 octobre pour l’Aquathlon de Tarbes.