InterviewLigue OccitanieTriathlon

Antoine Haratyk : Une expérience unique au service des Jeux Olympiques

 

Cet été, la Ligue Occitanie de Triathlon a eu la fierté d’être représentée aux Jeux Olympiques de Paris 2024 par des acteurs passionnés, dont Antoine Haratyk, salarié du comité d’organisation des Jeux. Antoine, profondément impliqué dans l’univers du sport, a eu l’opportunité unique de contribuer au succès de cette compétition mondiale de l’intérieur. Il revient aujourd’hui sur cette expérience marquante, partageant ses impressions, les moments forts qu’il a vécus et l’inspiration qu’il a tirée de son rôle au cœur de cet événement historique.

 

  • Pouvez vous vous présenter? 

« Je m’appelle Antoine Haratyk, j’ai 40 ans, je suis licencié à La Grande Motte Triathlon depuis 2016, club duquel je suis trésorier depuis quelques années.  

Le sport et la notion d’aventure ont toujours guidés mes choix de vie, à tous les niveaux. 

D’un point de vue professionnel, j’ai voulu me rapprocher de ce milieu dès le lycée et j’ai intégré une formation STAPS après le bac. J’ai ensuite travaillé pour mon club d’athlétisme de l’époque. J’ai ensuite eu des expériences dans le milieu du tourisme, de l’entrepreneuriat pour le côté aventure, puis rejoint Décathlon pour me rapprocher du sport et l’envie de contribuer à un large accès à la pratique sportive. J’ai finalement saisi l’opportunité de faire partie de l’aventure Paris 2024. 

Tout au long de ce parcours, ma pratique sportive n’a jamais cessé, notamment en compétition sur des terrains variés. J’ai débuté avec l’athlétisme quand j’avais 10 ans, après avoir terminé 2ème du cross des écoles dans ma Bourgogne natale. Je suis notamment devenu spécialiste des cross et du 3000 steeple. Mon parcours pro m’ayant conduit près d’Annecy en 2012, j’ai débuté le trail qui prenait un grand essor avec la médiatisation des performances incroyables de Kilian Jornet. J’ai abordé le triathlon en 2014 quand j’ai rejoint Montpellier pour le travail, avec une première expérience sur le triathlon cross du Salagou. 

Aujourd’hui, retour au trail avec des défis sur des ultras avec l’UTMB 2025 en ligne de mire et une aventure incroyable sur la diagonale des Fous l’an dernier avec les copains du GMT. 

Les vacances aussi ont une notion d’aventure sportive avec notamment des voyages à vélo à travers l’Italie ou une liaison France-Pologne. »

  • Quels étaient vos principaux rôles et responsabilités au sein du comité d’organisation des JO ?

« Pour vous épargner les acronymes, mon rôle était de coordonner une équipe de 300 bénévoles sur les sites de compétition du Grand Palais et du Pont Alexandre III, pour les JO et les paralympiques. Mon service était dédié à l’expérience spectateurs, des abords de sites à la sortie. Nous étions la « vitrine des Jeux », dans la mesure où nos équipe étaient le tout premier contact direct avec les spectateurs du monde entier. Nous avons organisé la réception du public sur les épreuves d’escrime, de taekwondo, para-taekwondo et escrime fauteuil pour le Grand Palais, et Contre la montre vélo, Triathlon, Natation, Marathon et para-triathlon pour le pont Alexandre III. »

  • Quels ont été les principaux défis logistiques auxquels vous avez dû faire face pendant l’organisation des Jeux Olympiques ?

« Pour mon service, le défi était avant tout de fluidifier le flux de personnes. 

Nous avions 7000 spectateurs à faire rentrer à chaque session au grand palais, dans un site qui n’est pas dédié à une affluence aussi concentrée dans son usage habituel. Il fallait donc être très opérationnels tout en garantissant un accueil des plus festifs pour chacun. 

Sur le pont Alexandre III, le défi avait un autre aspect. Le site était scindé en deux, sur un lieu de passage qui était complètement fermé les jours de compétition. En plus du flux de spectateurs, il fallait gérer le grand public qui souhaitait circuler dans la zone qui se métamorphosait d’une journée à l’autre selon s’il y avait une compétition ou non. » 

  • Quelles stratégies avez-vous mises en place pour assurer une expérience fluide pour les athlètes, les spectateurs et les bénévoles ?

« La première stratégie était de miser sur l’énergie des volontaires ! Tout le monde était excité de faire partie de l’aventure, notre mot d’ordre était donc de maintenir un environnement le plus joyeux possible pour qu’il soit communicatif et alimenter ce cercle vertueux. 

Le deuxième stratégie était d’anticiper un maximum de problèmes en ciblant les points de vigilances, les temps forts et faibles de la journée. 

La dernière chose, était de garder une certaines souplesse, car nous savions que chaque jour nous réservait un lot d’imprévus, il fallait donc savoir être réactif et dédramatiser tout ce qui pouvait mettre à mal nos deux première stratégies. » 

  • Quel aspect des Jeux Olympiques vous a le plus marqué en tant que membre du comité d’organisation ?

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est la ferveur générale autour de ces Jeux ! Le coeur de la ville semblait battre à l’unisson, dans une ambiance internationale. Je pense que ce qui revient en numéro un quand je discute avec les personnes que j’ai pu côtoyer. Les barrières entre les gens semblaient inexistantes. Staff, Volontaires, spectateurs, athlètes, forces de l’ordre, médias, tout le monde était lié dans un but commun : le Partage ! Lors des Jeux, ça semblait facile, et je pense qu’en prenant un pas de recul à chaque tracas de la vie, on pourrait garder une partie de cette dynamique dans notre quotidien. » 

  • Quels moments particuliers ou inoubliables avez-vous vécus pendant les Jeux Olympiques ?

« J’ai presque envie de répondre la même chose qu’à la question précédente, tant il y a eu de moments inoubliables ! 

Si je devais isoler deux moments, je dirais le dernier tour de course à pied sur le triathlon féminin, où j’étais en compagnie des familles et amis des triathlètes. Leur émotion m’a transpercé et j’avais les larmes aux yeux. 

J’ai aussi la médaille d’or d’Althéa Laurin en taekwondo qui me vient en tête. Sa victoire en finale survient le dernier jour des Jeux, sur le dernier match du Grand Palais. Toutes les équipes savaient que la fin de ce match sonnerait la fin des JO au Grand Palais, certains volontaires avaient déjà les larmes aux yeux de devoir quitter l’aventure. Le moment où elle gagne, ça a été une extraordinaire explosion dans les tribunes, augmentée encore par la résonnance du site et l’émotion de chacun à ce moment précis, et l’enchainement de la musique « free from desire » lancée dans la foulée. Un moment magique et unique. »

  • Quels sont, selon vous, les éléments clés qui ont contribué à la réussite de ces Jeux Olympiques ?

« La passion ! La passion pour l’événement qu’ont eu toutes les personnes qui ont préparé les Jeux depuis 8 ans pour certains. Parfois contre vents et marées, quand les critiques fusaient, ou qu’il y avait des défis techniques ou politiques à résoudre. Ils ont tenu bon ! Pour en avoir côtoyé une partie, j’ai vraiment une profonde admiration pour celles et ceux qui se sont donnés corps et âmes dans l’avant JO. Car si j’ai contribué à mon échelle à la dernière ligne droite et au déroulement des Jeux, c’est bien eux qui ont construit la réussite de l’événement, nous n’avons eu qu’à dérouler. »

  • Avez-vous eu l’occasion de rencontrer des athlètes ?

« J’ai pu croiser quelques athlètes rapidement, mais dans un soucis de fluidité et parce qu’ils sont déjà sursollicités, je n’ai jamais voulu prendre de leur temps. J’ai pu passer un peu plus de temps avec certains officiels, notamment des personnes du bureau de la FFTri. Je les remercient d’ailleurs pour leur disponibilité et leur sympathie. »

  • Une anecdote à ajouter?

« Pour faire le lien avec la fédé, en discutant avec la vice-présidente lors de l’épreuve paralympique, elle m’expliquait que la famille d’Alexis Hanquinquant n’était pas dans la bonne tribune pour voir son arrivée et ses transitions, ils étaient sur la rive droite de la scène alors que l’arrivée se déroulait sur le pont Alexandre III. L’accès de l’un à l’autre était strictement interdit, les places en tribunes étant nominatives. C’est dans ces moments là qu’il faut savoir adapter les règles à la situation. J’ai donc pris cette liberté sur les règles pour leur permettre de voir la course au plus près.   

Alexis m’a d’ailleurs envoyé une petite vidéo de remerciement qui m’a touchée. J’en profite donc pour le remercier. »

 

La Ligue Occitanie tient à remercier chaleureusement Antoine Haratyk pour avoir pris le temps de partager avec nous son expérience unique en tant que salarié du comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024. Son témoignage reflète son engagement, sa passion et son professionnalisme.